Reportages
Iris 320 : la surveillance des voies à 320km/h
Par rédaction infolignes
Iris 320, un TGV pas comme les autres. A son bord, un laboratoire et des ingénieurs qui surveillent les voies à 320km/h.
Iris 320, un TGV pas comme les autres. Il ne transporte ni voyageurs, ni marchandises (comme le TGV postal), mais un laboratoire avec des ingénieurs ! Ce TGV aux couleurs originales (violet, orange et gris), recouvert de chronomètres pelliculés, ne passe pas inaperçu.
Un laboratoire à 320km/h
Ce véritable laboratoire ambulant a pour rôle d'ausculter les Lignes à Grande Vitesse (LGV) et les lignes classiques importantes, de surveiller et mesurer à grande vitesse l'infrastructure ferroviaire. Il faut dire que les voies sont mises à rudes épreuves avec un trafic qui ne cesse d'augmenter. Sur la Ligne à Grande Vitesse Paris / Lyon, un TGV circule toutes les trois minutes en heure de pointe. L'entretien de ces voies est un véritable casse-tête car il faut surveiller, prévenir et réparer en un temps record, tout en maintenant la circulation.
C'est pour cela que la SNCF a créé en 2006, un train avec un laboratoire embarqué, pouvant circuler à la même vitesse que les TGV, pour ne pas gêner la circulation des autres trains.
A son bord, un concentré de technologie : 150 capteurs (sur le toit, les roues, les essieux), 20 caméras travaillant jusqu'à 400 images/seconde, 20 antennes, 20km de fibre optique et deux vigies sur le toit. Ces véritables bulles transparentes permettent aux experts d'avoir une vue imprenable sur les caténaires et les conditions de captage du courant électrique par le train.
Les performances uniques au monde d'Iris 320 permettent ainsi de détecter le moindre défaut à 5m près, qu'il soit lié aux caténaires, rails, instruments de signalisation ou de télécommunication.
Toutes ces mesures sont analysées à bord en temps réel, grâce à un système informatique. Les défauts urgents sont transmis aux équipes sur le terrain, pour une réparation immédiate. Quand aux autres défauts, leur remise en état sera planifiée lors de travaux ultérieurs.

Un rythme effréné
200 000km de voies sont auscultées chaque année, l'Iris 320 inspecte une fois tous les 15 jours les LGV et quatre fois par an les lignes classiques importantes. Chaque semaine, les deux conducteurs et les sept techniciens et ingénieurs travaillent et vivent à bord pendant les cinq jours de la tournée.
A l'avant du train sont regroupés les systèmes de contrôle, une salle de réunion dotée d'un écran de 50 pouces pour la transmission des informations techniques, un espace d'accueil de quinze fauteuils TGV avec six écrans plasma.
La partie arrière de l'Iris 320 est aménagée en « hôtel à grande vitesse », pour une plus grande autonomie. A son bord, des équipements atypiques pour un TGV : les lieux de vie sont constitués de dix cabines individuelles avec couchage, deux cabines de douche, une cuisine équipée et une salle à manger.
L'Iris 320 est prioritaire sur les trains commerciaux (TGV, Intercités, TER...), son rôle est primordial car sa vocation est avant tout préventive. C'est lui qui permet d'intervenir avant que des dysfonctionnements ne se produisent. Par conséquent, il limite les risques de retards des trains, améliore la ponctualité, la sécurité et le confort des voyageurs.

Mise à jour le 11/12/2012