Reportages
Record mondial de vitesse sur rail
Par rédaction infolignes
Le TGV écrit une nouvelle page de son histoire. En avril 2007, un nouveau record du monde a été battu : 574.8 km/h.
L'ouverture en juin d'une nouvelle Ligne à Grande Vitesse dans l'Est de la France était une occasion rêvée pour tenter de dépasser le précédent record mondial de vitesse sur rail, 515,3 km/h, décroché par un TGV le 18 mai 1990.
Dans le court laps de temps séparant la fin des travaux de la ligne du TGV Est Européen, inaugurée le 15 mars 2007, de son ouverture au public le 10 juin 2007, l'idée était de tester à très haute vitesse les composants de ce train ainsi que les nouvelles infrastructures ferroviaires.
Une préparation de longue haleine

Avant de réaliser cet exploit, il a fallu plus de 100 000 heures de préparation, 300 ingénieurs, 40 marches d'essais à des vitesses supérieures à 450 km/h, ce qui représente plus de 200 heures d'essais et 3 200 km parcourus. Ainsi un TGV Duplex a été spécialement aménagé.
Au final, un réel pur-sang de vingt-six mille chevaux. Voyez plutôt : quatre moteurs supplémentaires, des roues dont la taille a été agrandie de 10% pour éviter une surchauffe des moteurs, un pantographe spécial testé pour une meilleure adhérence.
Les installations ont également bénéficié d'aménagements spéciaux : la caténaire qui est le câble aérien d'alimentation électrique, a été tendue pour éviter une rupture de contact. La tension électrique a été augmentée à 31 000 volts au lieu des 25 000 volts habituels. L'inclinaison des rails a dû être renforcée afin de compenser la force centrifuge dans les courbes de la voie.
Un record mondial

Résultat des courses : le 3 avril 2007 à 13h14, le bolide a atteint les 574.8 km/h stupéfiant les nombreux badauds venus assister au passage éclair de ce train. "On croyait entendre un avion", de nombreux curieux n'ont pas hésité à faire plusieurs centaines de kilomètres pour assister au passage de cette "fusée horizontale", 3 à 4 secondes de spectacle tout au plus. A cette vitesse, Bordeaux ne serait qu'à une heure de Paris.
Tous avaient conscience de vivre un moment historique, celui qui pulvériserait les nombreux records remportés par le TGV.
Tout avait commencé le 8 décembre 1972, date à laquelle une rame prototype TGV avait atteint les 318 km/h. Suivait le 12 décembre 1988 avec le record de 408,4 km/h sur l'axe Paris - Lyon. Un an plus tard, le TGV Atlantique circulait à 482,4 km/h. Le dernier record mondial date du 18 mai 1990 où le TGV avait franchi les 515,3 km/h entre Paris et Tours.
A quoi sert cet exploit?

L'intérêt de repousser sans cesse les limites est tout d'abord de garantir une plus grande sécurité pour les passagers.
Véritable laboratoire flottant, ce train truffé de 600 capteurs a accumulé des millions de données sur le comportement de l'infrastructure et du matériel à des vitesses encore inexplorées.
Le but de l'opération était de surveiller la façon dont la caténaire captait l'électricité, l'adhérence aux rails, la résistance des métaux, l'aérodynamisme, le bruit, le confort.
Ce record a aussi permis de tester de nouvelles technologies qui pourraient équiper les TGV du futur et être mises en service par le constructeur Alstom en 2009. De quoi le rendre toujours moins bruyant, plus confortable et ... plus rapide : il pourrait à cette date rouler à 350 km/h en transportant 900 passagers.
Ainsi ce record historique positionne aujourd'hui durablement RFF, Alstom Transport et la SNCF comme les leaders mondiaux de la très grande vitesse ferroviaire. Ces trois sociétés espèrent maintenant exporter leur savoir-faire pour conquérir de nouveaux marchés comme la Chine, l'Argentine, l'Arabie Saoudite, l'Algérie ou le Maroc.
Un TGV sur la Seine!

La rame a paradé dans la capitale sur la voie fluviale. C'est en effet sur la Seine que des milliers de Parisiens et de touristes ont pu voir naviguer le TGV détenteur du nouveau record du monde de vitesse sur rail. Une expérience inédite dont les images ont fait le tour du monde.

Mise à jour le 14/10/2012