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Simone Hérault, une "trentenaire" sur la bonne voie

Par Jean-Brice SENEGAS

Dans la grande entreprise SNCF, Simone Hérault occupe une place à part. Elle affiche trente ans de longévité à un poste unique : voix de la SNCF. Sélectionnée quand elle était animatrice radio à FIP, cette "trentenaire" a résisté au passage au numérique. Comment cette sémillante voix de velours a-t-elle fait pour se rendre indispensable ?

Un métier : voix de la SNCF

Officiellement, Simone Hérault est comédienne. Elle prête « avec grand plaisir » sa voix à la SNCF, où son organe porte loin, des répondeurs et serveurs téléphoniques jusqu'aux gares. En 1981, elle est engagée par casting parmi les animatrices de la radio FIP. Elle enregistre des annonces vocales de manières très différentes. « A l’époque des dinosaures », ironise-t-elle, Simone - son nom de radio - pose sa voix sur toutes sortes de supports, bandes ou cassettes, puisque toutes les gares avaient à l'époque des systèmes de diffusion différents. En ce temps-là, elle n’était pas seule à faire ces annonces. Mais avec l'arrivée du numérique, c’est l’uniformisation. Il ne reste plus qu’un support. Et, chose unique au monde, plus qu'une voix : celle de Simone. Avant ce changement technologique, les annonces étaient composées de phrases entières ; désormais, c’est l’ère du séquençage. Simone enregistre ses annonces mot à mot. Elles sont ensuite assemblées, pour que cette composition fasse des phrases.

Une qualité : voix durable

Ce changement de méthode de travail l’a-t-elle perturbée ? Pas vraiment. On comprend vite pourquoi, lorsqu'on assiste à une séance d’enregistrement. Simone égraine les noms de gares les uns après les autres, tel un métronome, ou plutôt une guitare bien accordée. Car ce qui frappe, ce n'est pas que sa capacité à ne pas "savonner" (bégayer) ou à ne pas hésiter : c’est de l’entendre faire du « Simone » dès le premier mot prononcé. Chaleur, clarté et bonne humeur, tout est immédiat.

Son collègue Dominique Bruneau lui fait enregistrer les messages d'annonce. Il est en charge de l’identité sonore de la SNCF. Selon lui, la voix de Simone est identitaire. « Tout le monde la connaît. Qu’on soit à Brest, Strasbourg ou Marseille, on est toujours accueilli par Simone. Elle nous souhaite un bon voyage quand on s’en va. Sa voix est très compréhensible dans l’univers bruyant d’une gare, et ça c’est très important.  »

Un credo : voix publique

En enregistrant les mots séparément, Simone sait qu’elle doit « monter » sur tel nom, « descendre » sur un autre, pour que dans une phrase complète ce séquençage ne se voit pas, ou plutôt qu’il ne s’entende pas. Le but étant d’obtenir une musique de phrase la plus naturelle possible. D'ailleurs, l’évolution du ton et de la forme des annonces a été selon elle, très longue. « On va vers quelque chose de plus naturel, de plus proche du voyageur, libéré du jargon » explique Simone. « On veut parler d’une manière plus directe. J’essaie d’être apaisante, très légèrement souriante, de rassurer les voyageurs. En quelque sorte, je tente de les prendre par la main ».Simone n’est pas cynique. On sent dans ses propos un grand respect du voyageur, son vrai public. Certes, elle n’est pas une vedette de télévision ou de radio. Mais elle incarne à elle seule ce service rendu au public. La clé de sa longévité ?

Ecoutez Simone Hérault: écouter
Ecoutez une séance d'enregistrement d'annonces: écouter

Mise à jour le 19/03/2013

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